Affichage des articles dont le libellé est Moi future traductrice. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Moi future traductrice. Afficher tous les articles

9 juin 2010

Re-chute

Ouais, chuis en cloque, mais c'est même pas le gros de la raison pourquoi que j'écris pas sur mon blog (et en fait des fois j'me dis que je ferais mieux de pas écrire, Larousse doit se retourner dans son humus).

Je n'avais toujours pas fini ma formation, celle qui va faire de moi THE traductrice qui se fondra parfaitement dans la masse des autres (je sais rester modeste, MOI).

Il me restait le petit détail, le dernier examen, la théorie. Une petite demi-heure, oral, devant des profs sympas qui me poseraient des questions sympa.

Et c'est ce que j'ai essayé de faire hier soir.

Et c'est là que ça a commencé à cafouiller sévère.


J'ai bossé. J'ai appris. Je savais mes listes par coeur. J'y allais le coeur léger et l'esprit tranquille. J'étais confiante et assurée.

Jusqu'au moment où ils sont entrés.
Sympas, souriants, gentils.

J'ai paniqué.

Je suis devenue une page blanche.
J'ai balbutié certaines réponses, tant bien que mal. J'ai bégaié, beaucoup.
J'ai ramé. En rond...

Je me suis revue il y a dix ans, au bac, à l'oral de maths, où j'ai réussi à me planter sur un exercice de probabilités. Il suffisait de faire un arbre. Ben non. J'ai dansé la polka devant les profs, histoire qu'ils ne soient pas venus pour rien.


Je ne pensais pas qu'à 30 ans, il était possible de se vautrer aussi prodigieusement.


D'ici lundi, le couperet va tomber.

J'vais mettre une ptite bougie à Sainte Rita. On verra si elle me pardonne de la maudire depuis 4 ans tiens.


23 novembre 2009

Redescendre sur terre

Le rêve :

Bosser à domicile. Faire mes propres horaires. Être mon propre chef. Décider de mes propres vacances. Envoyer chier les gens. Travailler seule. Dormir tard le matin.

La réalité :

Mon auto-discipline lacunaire. Trouver des clients. Respecter les délais. Être seule en cas de problème. Remplir cette foutue déclaration d'impôts. Gérer les semaines maigres, les fins de mois radines.



Le rêve :


Traduire des rapports d'autopsie.

La réalité :

Trouver un labo de médecine légale qui engagerait un profane.


Le rêve :

Traduire des sous-titres de films.

La réalité :

J'ai comme dans l'idée qu'il y a du monde au portillon.




Le rêve :

Traduire des trucs top-délire. Comme par exemple des yaoi. Eh oui, ya des auteurs yaoi allemandes, ça t'en bouche un coin.

La réalité :

Euh... Ouais bon ça va hein.















Le rêve :


Me faire engager comme traductrice, avec un contrat de travail, sécurité de l'emploi, assurances comprises.

La réalité :

Ca doit être match de catch devant les portes.


Le rêve :

Pour une fois, arrêter de rêver.

La réalité :

La terre est basse...






Et dire que ça a failli pour l'un de ces rêves.
Mais tout espoir n'est pas perdu.
Je n'abandonne pas.
Qui ne tente rien, n'a rien.
Je tente, j'ai rien.



27 octobre 2009

C'est lui qui le dit...



Je ne pensais pas publier de note aujourd'hui.

Je ne pensais pas écrire aujourd'hui.
Je ne pensais pas parler aujourd'hui.

Jeudi, yaura une note, mais je serai en train de passer mon deuxième examen écrit, à St-Gall. 6 heures de train pour 3 heures officielles d'examen (tout ça pour dire que je ressortirai de la salle en moins de deux heures).

Aujourd'hui, juste une petite apparition furtive grâce à Valérie, sans qui je n'aurais sans doute jamais eu vent de cette nouvelle parution :

Veangeance du traducteur.

Je ne saurais parler mieux que lui-même alors profite des premières lignes. Rien que ça, c'est du bonheur pour nous autres ignorés de la culture.


______________________________________________________
* Je loge ici sous cette fine barre noire. Voici mon lieu, mon séjour, ma tanière. Les murs sont peints en blanc, puis couverts de nombreuses lignes de minces caractères noirs, comme une frise irrégulière, un papier peint changeant. Bienvenue à toi, cher lecteur, franchis donc le seuil de mon antre. Ce n’est pas aussi spacieux que chez mon voisin d’au-dessus, mais en son absence j’accueille ici ses visiteurs déroutés par cette désertion inexpliquée. Je sais que c’est lui que tu venais voir, et tu tombes sur moi. Il faudra t’en accommoder. Dans ce modeste espace je joue des coudes. J’empile ces lignes pour que ma cave ne soit pas un cercueil, ma soute un tombeau.
Fais comme chez toi, mets-toi à l’aise et, s’il te plaît, laisse au vestiaire les ronds de jambe et les sourires convenus des visiteurs du propriétaire, seigneur et maître, qui vit et reçoit à l’étage supérieur. J’espère que tu ne seras pas trop dépaysé, même si je te réserve quelques surprises. Prends garde, simplement, de ne pas te cogner la tête contre le plafond. Tu verras, la hauteur en est variable d’une pièce à l’autre. Saches aussi que chez moi tous les espaces communiquent, mais à la manière de ces chambres de bonne qu’on réunit parfois en enfilade sous le toit des immeubles : chacune donne sur la suivante et il faut les traverser toutes pour atteindre la dernière. Ce n’est pas très pratique, mais il n’y a pas moyen de faire autrement.
D’habitude je ne reçois personne, je reste invisible et muet, assigné à résidence exiguë, relégué sous terre. Là-haut, à l’air libre, au-dessus de cettebarre, de ce couvercle étanche pour moi infranchissable, je suis certes partout présent, mais sur un mode que je ne comprends pas très bien moi-même, sous une forme bizarre, ectoplasmique et contrainte. J’évolue incognito, désincarné, fantôme obéissant et fidèle comme l’ombre demeure rivée au corps, coulé depuis toujours dans le moule de l’autre, de ce voisin bruyant qui s’exhibe en pleine lumière, de ce grand escogriffe à qui tu venais rendre visite, mais qui a soudain disparu sans laisser d’adresse.
Ce n’est pas une vie, c’est à peine exister. Mes notes ? Des apparitions aussi fugaces que celles du furet ou de la taupe, de l’étoile filante ou du rayon vert : les serviles explications de l’exégète transi par la foi. (Nuit du Taiseux)[...]

22 octobre 2009

Sait-on jamais...


En pleine période examinatoire, j'ai pris la résolution de passer la majorité de mon temps libre dans une salle de lecture histoire de bûcher sévère.


C'est l'intention qui compte.

Il y aura toujours un truc, un événement, un imprévu qui me fera dire non, faut absolument que je rentre ce soir pour faire ça.
Qu'il s'agisse d'un dossier de candidature pour un super-boulot ou de la lecture d'une œuvre magistrale sur le milieu de la prostitution ou encore une grosse crise de feignasserie.
En même temps, un bouquin sur la terminologie et ses techniques ou un épisode de Dr. House, le choix est limpide.

Chaque fois, le même schéma.
A ce soir mon mari ! Ah tu n'oublies pas, je vais à la biblio, je rentre tard.

Le soir-même : Non tout compte fait je suis rentrée, fallait que je voie ce que Sawyer (message personnel : ceci a été écrit avant) allait sortir comme vacherie ce soir.

La plupart du temps, c'est simple. Il me regarde avec l'air de dire c'est une glandeuse, je lui réponds du regard j't'emmerde et je me dis que demain, pour sûr, j'y vais. Ah non, demain j'ai tai-chi. Bon, alors jeudi ? Ah non je sors jeudi. Vendredi ? Je sais déjà que vendredi j'aurai pas le courage...

Sauf que... Mardi soir, je rentre tout excitée à l'idée de faire rien d'utile. 19h30, toujours pas de mari. Chouette, mon célibat se prolonge de quelques heures.
20h00 : il doit faire des heures sup.
20h30 : ya peut-être eu un gros imprévu au boulot.
21h00 : bon... j'vais l'appeler là. Bien sûr, ça ne répond pas.
21h15 : fais mine que tu t'inquiètes pas.
21h30 : ça y est, je suis veuve.
21h37 : il appelle. Il a croisé un collègue à la gare.

"Oui, c'était par hasard et on s'est dit qu'on allait boire un verre. Ben aussi, t'as dit que tu rentrais tard donc je t'ai pas appelé."

Oké.

Bon, je vais me résoudre à bosser à la maison.

Sait-on jamais, il pourrait croiser une prostituée nymphomane qui lui propose une passe gratuite...



16 octobre 2009

Dis-moi...





...si ma prof (qui a accessoirement un bureau de traduction) me refile une vraie traduction à faire, avec vrai paiement, vrai mandat, vrai client et tout le toutim....

c'est bon pour mon examen ?


(20 pages à faire d'ici la fin du mois. Ca va chier.)

Et que ça se voit bien que je dessine comme un goret.


28 septembre 2009

Analyse traductorielle




Mon examen portait sur Kurosawa, l'illustre réalisateur japonais. Ma prof m'a écouté et m'a dégoté le texte qu'elle savait que je ne la maudirais pas trop fort, pour une fois.

Quand bien même le document paraît "simple", "facile", "pas trop compliqué", souvent on peut buter sur un tout petit détail, comme par exemple cette phrase, déjà traduite par mes soins :


Ils étaient les seuls êtres vivants alentours et marchaient dans les ruines, passant devant des montagnes de corps calcinés, longeant des canaux et des rivières rougis par le sang des cadavres qui y flottaient.


La question porte sur le dernier mot.
Dans la première version, j’ai écrit qui s’y baignaient.

Après une première relecture, je me dis que non, ça ne joue pas. Ils sont morts. Ils ne peuvent pas se baigner. Ils peuvent, à la rigueur, baigner.


Définition de baigner : Être entièrement plongé dans un liquide


Hum…

Réfléchissons.


Les cadavres flottent-ils ou sont-ils réellement immergés ?

Un cadavre ne remonte pas à la surface avant environ 5 jours (dépendant de la température de l'eau, du corps gras ou pas, des gaz de décomposition) mais avant, il coule comme une brique, plus ou moins rapidement en fonction de la quantité d'air dans les poumons, mais pas plus de quelques heures.

Considération temporelle : On parle ici du Grand Tremblement de Terre de Kanto, qui eut lieu le 1er septembre 1923. Il y a des montagnes de cadavres calcinés ce qui suppose que les "nettoyages" post-catastrophe ont déjà été entamés.

Comme après un séisme on prend des précautions avant de mettre un pied en zone sinistrée face au risque de répliques et d’écroulement de bâtiments, on peut considérer qu’il s’est écoulé au moins 48 heures.

Sans compter le temps qu'il faut pour faire une montagne de cadavres... et de les brûler.

Les cadavres peuvent donc difficilement flotter, il est bien trop tôt.

N'auraient-ils pas coulé ? On peut douter que les "visiteurs" se soient rendu sur les lieux 2 heures après le sinistre. Il s'agit plutôt du lendemain ou même du surlendemain.


Ainsi donc, ils baignent.


Mais, il y a un mais, il y a toujours un mais.

Les canaux et les rivières sont rougis par le sang, ce qui laisse penser que les cadavres doivent être encore assez "frais" pour à la fois perdre du sang et que ce sang soit encore rouge. Ce qui est peu probable après 48 heures.

Une solution serait que les canaux et les rivières ne soient pas assez profonds pour qu’un corps couché, dont la hauteur excède rarement 50 centimètres (surtout au Japon en 1923), soit complètement immergé, ce qui expliquerait leur visibilité. Ainsi ils auraient pu voir les flots rougis et les cadavres y flottant en se rendant rapidement sur les lieux du sinistre. Les opérations de "nettoyage" auraient donc commencé très vite.

Il est inutile de préciser que la théorie des rivières si peu profondes ne me satisfait pas. On parlerait plutôt de ruisseau.

Pour conclure, la suite chronologique des événements ne fonctionne pas. Les cadavres ne peuvent flotter et baigner à la fois. Ils ne peuvent pas perdre du sang si longtemps après leur mort. Ils ne peuvent pas flotter si vite après leur mort…


Une seule phrase.
Un gros problème de logique.


C’est donc une formulation "poétique" des événements, pour alourdir le pathos déjà bien pesant. Ou une confusion de souvenirs du protagoniste (personne réelle, événements réels), volontaire ou non, qui sert à nous dégoûter encore plus que nous ne l’étions déjà (ou pas).


Suivons l’illogique logique. Poétisons.

Se sera donc qui y baignent. C’est tellement plus joli.



Allez, encore 5 pages…



PS1 : Dieu que j’aime ce métier !


PS2 : On pourrait même ajouter un autre problème, en cherchant bien. Ils sont les seuls êtres vivants alentours. Il y a des montagnes de cadavres faites de la main de l'homme. Comment peuvent-ils être seuls ? Les "nettoyeurs" se sont-ils joints au feu de joie ? Hum...


PS3 : Bon, dans la version allemande, le mot utilisé est dériver. Ce qui suppose qu’ils flottent. Mais ça ne fonctionne pas quand même. Et dériver, c’est pas très poétique.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?
Et j’allais quand même pas laisser passer un si joli délire.


21 septembre 2009

Là, pas là, là, pas là, là, pas là, lalalaaaaa


















Dès ce jour, 21 septembre 2009, je suis en examen pour une semaine.
Une traduction de 6 pages à faire d'ici dimanche 27 septembre 2009.

Pas besoin de me souhaiter bonne chance.

Ca parle de Kurosawa.

Ca devrait aller.

^^

A bientôt !


23 mars 2009

[MFT] Franche rigolade

Aaaaaaaah la théorie. C'que c'est bon !

Hum.

Ya la pratique aussi.

Et les grosses bourdes.

Récemment, nous sommes allés au ciné voir "The Wrestler".

En Suisse, pays multilingue, les films en V.O. sont sous-titrés en français et en allemand. Une ligne sous l'autre.

L'anglais, je maîtrise plus ou moins bien.

Ce qui m'amuse, souvent, c'est de regarder justement les différentes traductions et de voir le travail dans une langue comme dans l'autre (ça paraît compliqué mais avec un peu d'entraînement, tout est faisable).
La plupart du temps, ces sous-titres sont assez bien réalisés. La perte d'information est parfois gigantesque, mais cela reste parfaitement compréhensible pour le spectateur lambda qui ne comprend pas un traitre mot de ce que racontent les acteurs dans leur langue natale.

Notre ami Mickey Rourke se rend, après avoir assisté à un match, dans un bar où il se fait chaleureusement aborder par une jeune fille blonde et apparemment tout à fait attirée par cet homme dont les muscles comptent plus que les neurones.

Elle lui propose alors : "Want to come to a party ?"
En allemand : "Willst du zu einer Party kommen ?"

Le mot "party" est donc le même en allemand et en anglais. Facile.
En français, tout un chacun serait tenté de traduire par "fête".

Pas notre ami traducteur du jour, qui a apparemment mal compris le contenu de la chose.

"Ca te dit une partouze ?"

Là, je ne peux m'empêcher, dans un premier temps, de O_o.

Dans un deuxième, bien évidemment, le fou-rire.

Ca peut paraître "minime" comme faute. Tout à fait anodin.

Mais imaginez maintenant que vous vouliez faire traduire une invitation pour l'anniversaire de votre enfant.
Autant le dire, j'aurais pas confiance.
Et j'imagine aussi la tête des parents des petits camarades invités.


Encore plus récemment, festival du film de Fribourg.
Nous avons vu "Bajo al puel".
L'un des protagonistes est un archéologue qui s'intéresse particulièrement à l'art de ce peuple nommé "Moche" (prononcer motché).

Durant la conversation, il exprime son admiration pour l'art de ce peuple. Le sous-titre disait, mot pour mot : "L'art moche peut être très beau".

Alors là, on rigole, on rigole, mais après, je réfléchis.
Malgré tout un week-end penchée sur cet épineux problème, je ne trouve pas de solution adéquate. L'art moche peut être esthétique. Bof. L'art des Moche peut être beau. Mouais...

En l'occurence, le mot "Moche" n'ayant pas d'autre graphie, nous voilà bien embêtés.

Et j'imagine surtout la tête de notre ami traducteur se retrouvant dans la situation impossible d'écrire "L'art moche peut être très beau". Et sa prise de tête qui s'ensuivit...


J'aurais encore d'autres exemples de traductions foireuses, par incompétence du traducteur ou par obligation linguistique, mais je les garde sous le coude pour une prochaine fois.


16 mars 2009

[MFT] Fidèlité ?

Ca fait un sacré moment que j'ai plus rien écrit pour MFT. J'ai un peu perdu le fil.

Au début, j'avais demandé : qu'est-ce que la traduction ?

Petit à petit, ceux qui ont suivi auront compris que la définition parfaite n'existe pas. C'est bien trop complexe et bien trop vaste pour être résumé en quelques mots.

Les mots qu'on entend souvent sont : "transposer", "fidèlement", "retranscrire", etc.

Mais qu'est-ce qu'on entend par "fidèlement" ?

Simplement, on pourra dire qu'il s'agit de redonner le sens du texte source dans le texte cible. Mais ce faisant, il faut aussi lier le texte à des éléments extérieurs comme la culture, la culture générale, "l'inconscient collectif" si j'ose dire, qui n'est pas le même dans toutes les langues.

Si je reprends l'exemple de la moutarde de Bénichon, on comprend mieux qu'un texte ne peut pas être fidèle.

La tâche peut s'avérer parfois tellement difficile qu'on en viendrait presque à laisser tomber les bras.
Durant les samedis de cours, une camarade de classe disait souvent, par dépit et par défi : "En fait, on ne peut pas traduire !"

Traduire signifie, pour beaucoup, perdre de l'information. Ce qui est malheureusement inévitable.
Mais un bon traducteur saura compenser cette perte de la langue source en remplaçant certains éléments avec la culture de la langue cible.

En gros, traduire un texte, c'est comme de cocufier son partenaire avec son frère (ou sa soeur), surtout s'il s'agit de jumeaux dizygotes.

J'en connais un qui va être content d'entendre ça tiens.

2 février 2009

[MFT] Aventures et déboires


Cela fait déjà quelques années que je fais des petites traductions ça et là, dans divers domaines (principalement l'informatique) pour différentes boîtes.



Un de ces mandats consistait à traduire les questions posées au service technique d'une plateforme organisant un jeu d'investissement boursier.
Rien de bien folichon, les questions étaient surtout liées à la plateforme en elle-même.

Un jour, le responsable me téléphone et me demande si, dans l'urgence, je peux lui traduire quelques pages de SMS publicitaires à l'intention des inscrits.
Je sentais bien que quelque chose clochait dans sa voix.
Après une hésitation assez marquée, il ajoute :
"Euh... en fait, vous voyez, il y a une page avec des SMS... un peu spéciaux. Vous êtes pas obligée de les traduire si vous ne voulez pas."

Je reçois le fichier, je me jette sur la page en question.
L'affaire est assez simple à comprendre.
Après une intense réflexion sur l'éthique de la chose, je me suis dit que bon, j'allais le faire, pour cette fois.
J'ai donc dû traduire des mots tels que "rasée", "forte poitrine", "disponible 24h sur 24h".

Cette fois-là, j'ai bien tergiversé 2 jours avant de me décider. En traduisant ces lignes, je soutenais indirectement la prostitution. Ethiquement, j'ai eu de la peine.
Mais ça me fait un truc à raconter aujourd'hui.


Beaucoup plus récemment, dans le cadre de ma formation, j'ai eu à traduire un article publicitaire pour une nouvelle représentation de la comédie musicale "Hair".
Pour être sûre de ne pas dire de bêtises, je fais une rapide recherche.
Je n'ai jamais vu ce spectacle et ne m'y étais jamais plus intéressée que ça.

Bien que le sujet soit assez évident, j'ai tout de même été assez surprise de découvrir qu'une des chansons était intitulée "Sodomy".



L'allemand aime les anglicismes. Beaucoup même.

A la fin du texte, certains éléments indiquaient la première représentation et d'autres informations quand à la comédie musicale.
L'intitulé était : "Facts and figures".

Dans les cas des expressions établies comme celle-ci, il est impératif de trouver l'équivalent dans la langue cible.
Parfois, la recherche peut s'avérer compliquée, mais souvent instructive.

Dans ce cas précis, je suis tombée sur le site www.don-juan.ch.
Présentation :
Notre site Don Juan propose des informations et des conseils simples et accessibles pour des rapports sexuels sûrs avec des prostituées.


Comique de situation : racontant cette découverte forcée à ma prof, elle me confie que c'est elle qui a fait la traduction du site.

Je me suis sentie rassurée. Surtout en voyant cette page.

Comme me le faisait souligner quelqu'un, et à juste titre, on trouve toujours pire, hein ? ;)

12 janvier 2009

[MFT] De la déontologie


(Forme du titre honteusement pompé sur Montaigne, qui fut l'objet des pires tortures que j'aie subies en cours de français. Faut dire que le prof, complètement ravagé, nous a fait passer 2 ans sur ces fichus Essais)

Hé, tu sais quoi ? La prochaine fois, je donnerai la définition de la traduction !

En attendant, encore un petit "excours" (nan, pas oscours) au sujet de la déontologie de ce métier.

Comment ça, la déontologie ?
C'est traducteur que tu veux faire ma fille, pas médecin !

Certes, certes...

Il n'empêche que le traducteur est lui aussi "soumis" à des règles bien précises.
Il ne peut pas faire tout ce qu'il veut (ce qui pourrait être drôle mais là n'est pas le sujet).

A titre d'exemple, lis attentivement l'histoire suivante :

Une nouvelle machine a été achetée par un hôpital. Cet appareil servait à irradier les patients atteints de cancer. Le traducteur du mode d'emploi a été distrait à un moment et a mal traduit, typographié une donnée importante, celle du dosage. Les infirmières, de bonne foi, ont suivi les instructions. 6 personnes sont mortes.
Je n'ai malheureusement pas de sources, mais cet événement s'est réellement produit.

Il s'agit là d'un cas extrême. Mais d'autres exemples se trouvent un peu partout. Un exemple plus concret par ici. On s'aperçoit assez vite que dans certains domaines, la traduction doit être parfaite afin d'éviter toute conséquence.

La traduction est donc un métier risqué.

Afin d'éviter le plus d'erreurs possible, il y a certaines règles à suivre.

La première, la plus vitale, la plus importante, celle que si on va contre ben autant le dire tout de suite, c'est du suicide :

On traduit toujours vers sa langue maternelle.
Quoi qu'il arrive, le texte que l'on donne après avoir fait le travail doit être dans la langue maternelle.

Bien qu'on puisse connaître excellemment bien une deuxième langue, il est impossible de rédiger parfaitement dans cette autre langue.

Ensuite, le traducteur ne traduit pas les erreurs.

Dans la littérature, beaucoup d'erreurs sont volontaires. Pour exemple, le titre d'un de mes n'imp du vendredi : Japoniaiserie.
Dans ce cas, il faut trouver un équivalent puisqu'il s'agit d'un effet de style.

Par contre, les autres erreurs de frappe, d'impression, d'orthographe ou pire, une année erronnée, une virgule mal placée, une information tout bonnement fausse, doivent être corrigées par le traducteur.
Ce qui représente parfois un travail acharné et une concentration énorme.
La partie la plus difficile, c'est de dire à la personne qui a demandé le travail qu'il y a une bourde dans son texte. Bien souvent, ce n'est pas l'auteur, mais cela reste une "annonce" délicate à faire.

De ceci découle une autre règle à observer du mieux qu'on peut.

Un traducteur se doit de connaître le domaine du texte qu'il doit traduire.Mais ceci sera le sujet d'une prochaine note.
J'ajouterais juste qu'il est assez difficile de traduire par exemple un testament rédigé devant notaire quand on n'a absolument aucune notion en droit.


A bientôt pour un prochain épisode des palpitantes aventures d'une MFT.
Je pense bientôt pouvoir faire une note plus "pratique", ayant vécu quelques surprises ces derniers temps.

8 décembre 2008

[MFT] 2 en 1 x 2

Ca devient mathématique.

Je continue donc sur les caractéristiques du traducteur, de la personne en elle-même.


En plus de devoir maîtriser deux langues, le traducteur doit également connaître deux cultures.

Chacun le sait, une langue est intimement liée à une culture, des traditions, des us et autres pratiques régionales, sub-régionales, nationales, sub-nationales.

Si je parle de Noël, peu importe la langue, chaque Européen chrétien comprendra la même chose. Par contre, tous les immigrés, qu'ils soient musulmans, orthodoxes, juifs, hindous ou même raëliens (j'les aime bien les raëliens, ils sont plus rigolos que les Témoins de Jehova) n'auront pas la même façon d'appréhender cette fête.
Ils verront l'aspect mercantile, les bonhommes barbus en-dessus des magasins, les sapins et les cadeaux.
Souvent, le petit Jésus ne fait pas partie de leur vision de Noël.

Cet exemple était très général. Imaginez maintenant le problème quand il s'agit d'une fête typique d'une région.
Par exemple, à Fribourg, on fête la Bénichon à la fin de l'été. Cette fête marque la fin des récoltes. Mais elle représente énormément de choses (se remplir la panse avec du jambon à l'os, de la soupe aux choux, de la cuchaule, de la moutarde de bénichon, de gâteaux au vin cuit et de poires à Botzi).
Vous n'avez rien compris ?

Voilà le défi auquel se retrouve confronté le traducteur, et bien plus souvent qu'on ne pourrait le croire.

Il doit, impérativement, rendre le texte compréhensible pour les personnes auxquelles il est destiné.

C'est bien sûr impossible si on ne connaît pas les usages dont il est question dans le texte d'origine.


Par contre, je vous dis tout ça, c'est bien joli, mais ça ne donne pas la solution.
Tout simplement parce qu'il n'en existe pas.
Selon l'importance de l'élément, il faudra sans doute ajouter une note de bas de page, expliquant, dans les grandes lignes, en quoi consiste cet aspect culturel.

Mais la plupart du temps, ce sont des informations quelque peu secondaires et si un bon équivalent (pas trop long à expliquer) ne pe
ut pas être trouvé dans la langue cible, ces informations tombent à l'eau.


Quelqu'un m'a dit une fois un truc dans le genre : "Traduire, c'est changer les mots du matin en mots du soir."



Texte source et texte cible se ressemblent fortement, mais c'est pas pareil quand même...




P.S : Dorénavant, quand une petite nouveauté arrivera sur mon blog où je dessine avec un crayon, on pourra voir une espèce de petite icône au bas des notes parues
en même temps ou juste après la mise à jour sur Mince de Mine.